La
Plate-forme sociale est une alliance de fédérations et d’ONG
actives dans le secteur social en Europe. Ses membres représentent
des milliers d’organisations, d’associations et d’autres
groupes volontaires actifs au niveau local, régional, national et
européen; ainsi, la Plate-forme représente les intérêts
d’une très grande partie de la société civile.
La Plate-forme sociale a organisé une conférence de deux
jours sur le Modèle social européen. Pendant cette conférence,
la question clé était si nous progressons ou reculons en
termes de développement d’une Europe des valeurs sociales.
Le forum à la première session plénière était
constitué par Pierre Jonckheer (MPE), Anne-Sophie Parent (Présidente
de la Plate-forme sociale), Tuula Haatainen (Ministre des Affaires sociales
et de la santé de Finlande) et Nikolaus van der Pas (Directeur Général
de la DG EMPL) parmi d’autres. M. van der Pas a souligné que,
bien que les parties prenantes puissent évidemment être critiques,
elles doivent se rendre compte qu’il y a une certaine réalité politique
dans laquelle l’UE et ses états membres opèrent. Cela
complique aussi le contexte dans lequel l’UE peut créer et
exécuter ses politiques. Qui plus est, l’UE peut seulement
faire ce que le Parlement européen et le Conseil (les états
membres) l’autorisent à faire. Le MPE Pierre Jonckheer a soutenu
cela, en déclarant que les politiques exécutées par
l’UE ont toutes été adoptées et garanties par
le Parlement européen et le Conseil.
À la suite d’un très long processus politique, habituellement,
des compromis sont réalisés. Au fur et à mesure que
l’Union s’élargira, le processus va encore se compliquer.
Les fractures politiques à l’Union augmenteront. Plusieurs participants à la
salle ont exprimé leur opinion. L’une des remarques était
que la Commission manque à son rôle de « gardienne
des Traités ». La législation qu’elle propose
n’est pas sociale et tend plutôt à affaiblir la sécurité sociale
en Europe. Certains participants ont répondu à la question
posée au début de la session plénière, en disant
que : effectivement, nous reculons lorsqu’il s’agit de valeurs
sociales dans la politique de l’UE …
Pendant la deuxième journée de la conférence, plusieurs
groupes de travail ont été organisés sur des thèmes
spécifiques comme la démographie, la migration et la prestation
de services. Pendant un groupe de travail intitulé ‘Le rôle
politique des prestataires de services sociaux dans la définition
et la négociation des valeurs sociales’, Mme Thea Meinema (CIAS)
a fait une présentation intéressante sur ‘Les services
sociaux d’intérêt général aux Pays-Bas’.
Ce pays voit de plus en plus de services fournis par le secteur privé.
D’après Mme Meinema (CIAS), selon les principes du marché,
la qualité est subordonnée au budget. Un rôle clair est
réservé aux prestataires de services sociaux pour participer
activement au débat sur la politique sociale.
Le Centre européen des travailleurs (EZA) a tenu son séminaire de lancement annuel, cette fois-ci dans la ville où il est situé, à Königswinter. Le séminaire de lancement a pour but de faire une présentation des projets qui s’organiseront au cours de l’année prochaine et de rassembler tous les membres qui participent aux activités d’EZA. À la suite de ce séminaire de deux jours, une Session générale d’EZA s’est tenue, pendant laquelle l’organisation a dit adieu à son président Leo Pauwels et a souhaité la bienvenue à son nouveau président Raf Chanterie.

Le séminaire a donné la parole à différents
orateurs éminents, experts en Europe sociale, qui ont tenu des discours
intéressants. Plusieurs thèmes ont été traités
comme l’éducation, le dialogue social européen, la
mobilité et la flexicurité. À propos de ce dernier
thème, le Dr. Klaus Kellersmann, conseiller du groupe PPE-DE à la
commission Emploi et affaires sociales du Parlement européen, a
expliqué ses points de vue. La flexicurité est un point ‘chaud’ en
Europe aujourd’hui et signifie que le niveau de flexibilité doit
s’accroître en même temps que la sécurité sociale
doit être maintenue à un niveau acceptable. Au cours du groupe
de travail organisé ensuite sur ce thème, le Dr. Kellersmann
a fait remarquer que la plupart des participants se concentrent sur la
sécurité sociale plutôt que sur le thème de
la flexibilité. Il a lancé un appel pour parler d’une
voix commune. Les membres d’EZA devraient s’adresser par une
déclaration commune à la Commission européenne, au
lieu d’exprimer différents points de vue.
À propos de la mobilité, une question dont Eurofedop s’occupe beaucoup aujourd’hui, Silviu Traian Ispas, Directeur d’IFES de Roumanie, a donné un aperçu clair des tendances d’émigration en Roumanie. Surtout dans le groupe d’âge entre 26 et 40 ans, beaucoup de gens quittent le pays pour aller travailler ailleurs. Les raisons pour lesquelles ils quittent le pays sont surtout d’ordre économique (c’est-à-dire gagner un plus haut salaire). Eurofedop a récemment organisé une rencontre avec des MPE et des membres de la Commission européenne pour échanger des vues sur la migration des travailleurs (spécifiquement en ce qui concerne les professionnels des soins de santé). Actuellement, nous préparons un suivi à cette rencontre. Il est tout à fait clair que le principe de la libre circulation des travailleurs, attendu depuis longtemps, se heurte aujourd’hui à une nouvelle réalité, la fuite des cerveaux de certains nouveaux états membres à l’UE-15.

Après les exposés, les différents projets ont été présentés. Eurofedop participe à la structure d’EZA, ce qui est d’importance vitale pour notre action, car cela nous permet d’organiser des séminaires et des conférences auxquels nous pouvons rassembler des experts et des professionnels de toute l’Europe pour discuter des matières qui nous concernent.
EUROFEDOP a assisté à une conférence sur l’e-Gouvernement qui était principalement axée sur une évaluation de l’impact que l’e-Gouvernement a en Europe jusqu’à présent. La conférence a été organisée par la présidence finlandaise de l’UE, en coopération avec les entreprises SAP et Capgemini, et avait pour but de définir le progrès réalisé dans le domaine du “Plan d'action i2010 pour l'e-gouvernement” sur la base d’un “partenariat avec l’Industrie”. C’est surtout cette dernière sur laquelle la conférence s’est concentrée. L’impact pour les travailleurs, ceux qui fournissent effectivement le service, a été à peine mentionné.

Le plan d’action pour l’e-gouvernement fait partie des objectifs que s’est fixés l’UE en vue de « réduire considérablement les charges administratives » vers 2010. Au cours de la conférence ministérielle sur l’e-gouvernement qui a été organisée à Manchester l’année dernière (Eurofedop a aussi été présente à cette conférence), l’un des cinq thèmes débattus a été la mise en œuvre efficace et adéquate de l’e-gouvernement. À l’aide de technologies de l’information, l’e-gouvernement vise l’amélioration de l’expérience des utilisateurs avec les services publics, la réduction des côuts (surtout pour l’industrie) des contacts avec l’autorité publique et l’amélioration de la transparence de l’autorité publique. En 2005, Bert Van Caelenberg a eu un entretien personnel avec Viviane Reding, Commissaire de l’UE en charge de la société de l’information. Il lui a transmis la position d’Eurofedop. À cette occasion, il a souligné que l’e-gouvernement a un impact majeur sur le personnel des services publics et que cet aspect n’a pas été suffisamment pris en compte dans les propositions de l’UE. Suite à cette conversation, Mme Reding a effectivement mentionné le rôle des « travailleurs » dans son discours prononcé à Manchester, ce qui, il va sans dire, a bien été apprécié par Eurofedop.
L’e-gouvernement a une grande influence sur la structure et la méthode de travail au sein de l’administration publique. Non seulement il peut réduire le travail, mais aussi augmenter le travail et, en tout cas, il changera le travail. Cela demande une grande faculté d’adaptation de la part du personnel des services publics qui est censé agir plus rapidement, d’une manière plus créative et plus efficace, avec les possibilités qu’offre l’e-gouvernement. Cependant, le personnel est aussi confronté à toute une série de nouvelles technologies et de logiciels et de matériels renouvelés auxquels il doit s’adapter. De nouvelles formes de travail exigent souvent un autre type de travailleurs, des travailleurs plus qualifiés; le dialogue social est alors la plateforme la plus appropriée pour avoir une discussion ouverte. Eurofedop reconnaît les chances qui s’offrent dans ce domaine, pourtant, elle se pose la question, qui bénéficiera le plus de ces développements (l’industrie ?).
La conférence à Helsinki fut ouverte par la Ministre finlandaise des finances, Ulla-Maj Wideroos, et a donné la parole à un assez grand nombre de personnalités éminentes dans le domaine de l’e-gouvernement. Comme mentionné auparavant, la discussion était axée sur la façon dont l’impact de l’e-gouvernement en Europe peut être mesuré pour que l’argent que nous dépensons, et que nous avons dépensé jusqu’à présent (11,9 milliards d’euros en 2005 dans l’UE-25), soit dépensé de façon appropriée. Per Blixt, chef de l’unité E-gouvernement de la DG Société de l’information et médias, est responsable du Plan d’action i2010 pour l'e-gouvernement. Il a fourni des éclaircissements sur la feuille de route 2006-2010 et a relevé que plusieurs barrières peuvent entraver la mise en œuvre de l’e-gouvernement (manque de direction, fracture numérique, équipement insuffisant, pauvre coordination, entre autres). D’autres orateurs clés étaient Frans de Bruïne, Directeur Technologies de l'Information et des Communications (TIC) pour les citoyens et les entreprises, de la DG Société de l’information et médias – Direction H (direction responsable pour l’e-Santé, l’e-Gouvernement et l’e-Inclusion), Yih-Jeou Wang du Projet sur l’e-gouvernement de l’OCDE et Patrick Wauters, expert en administration publique et e-gouvernement et responsable de l’étude effectuée par Capgemini, sur l’ordre de la DG Société de l’information, sur l’e-gouvernement.

En dépit de la liste impressionnante des orateurs et du thème intéressant de la conférence, Eurofedop était déçue que des évaluations d’impact concrètes n’aient pas été données ni des plans d’action pour le personnel n’aient été présentés, car, à la fin, c’est le personnel qui est responsable de la fourniture effective du service. Dès lors, il est très important que les négociations se poursuivent et nous continuions à exprimer nos points de vue et nos positions. Comme convenu à la réunion du Bureau exécutif en février de cette année, le thème de l’e-gouvernement devrait être mis à l’ordre du jour de chaque réunion de conseil professionnel. Ainsi nous pourrions nous faire une idée des positions prises par les différents secteurs à propos du rôle à jouer par les travailleurs dans le développement et la mise en œuvre de l’e-gouvernement. Nous ne pouvons nier que l’e-gouvernement est l’avenir, pourtant, nous devons assurer qu’il soit appliqué d’une manière que les « intérêts des travailleurs » soient respectés et la voix des travailleurs, ou des Syndicats, soit toujours entendue.
Le 22 novembre, Eurofedop a organisé un petit déjeuner de
travail au parlement européen. Le secrétaire général
Bert Van Caelenberg a expliqué les objectifs de cette réunion
: la sensibilisation et la mise sur pied d’actions relatives à la
migration de professionnels de soins de santé en Europe. Le petit
déjeuner de travail était une initiative conjointe d’Eurofedop
et de HOPE, la Fédération européenne des hôpitaux
et des soins de santé, et a rassemblé une quinzaine de membres
du Parlement européen (MPE).
Parmi les MPE présents, nous signalons : Adamos Adamou (Chypre), Milan
Cabrnoch (République tchèque), Othmar Karas (Autriche), Miroslav
Mikolásik (Slovaquie), Hubert Pirker (Autriche), Lászlo Surján
(Hongrie), Jaroslav Zverina (République tchèque), Paul Rübig
(Autriche), Jean Lambert (RU) et Reinhardt Rack (Autriche).
La Commission européenne a aussi été représentée.
Daniel Mann de la DG SANCO a brièvement décrit la situation
concernant la migration de professionnels de soins de santé en Europe.
Deux professionnels de soins de santé ont participé à la
réunion et ont éclairé les problèmes qui se posent
dans leur pays. M. Jevgenijs Kalejs, un docteur de Lettonie, a expliqué que
des travailleurs de soins de santé en Lettonie migrent surtout au
RU et ceci principalement pour des motifs économiques (notamment un
plus haut salaire). Mme Jolante Toliusiene, une infirmière de Lituanie,
a déclaré que, bien que la plupart des professionnels des soins
de santé soient employés dans des hôpitaux dans son pays,
il existe une grande motivation (économique) chez un (trop) grand
nombre de ces professionnels pour quitter le pays et chercher un plus haut
salaire ailleurs (UE-15, Norvège, Etats-Unis).
Ces deux exemples ont clairement illustré les problèmes qui
se posent dans une grande partie des régions de l’Europe Centrale
et du Sud-Est, les nouveaux états membres de l’UE. Pendant la
discussion, la tension entre le principe fondamental de la ‘libre circulation’ et
les flux migratoires en provenance des états membres ayant récemment
adhéré vers les états membres de l’UE-15, a encore
plus explicitement été soulignée.

Adamos Adamou, MPE chypriote
Irena Belohorská, MPE, originaire de la Slovaquie, a posé que
ce problème soit tout à fait une question d’argent. Dans
d’autres secteurs, où les salaires sont moins élevés
et les régimes de pension sont moins sûrs, l’exode du
personnel est beaucoup moins visible. Mme Belohorská a souligné que
la réponse à ce problème (économique) est une
affaire des responsables politiques.

Luc
Van Roye, VOV (Vereniging Openbare Verzorgingsinstellingen, B);
Irena Belohorská, MPE;
Miroslav Mikolásik, MPE.

László Surján,
MPE de la Hongrie
László Surján, MPE de la Hongrie, a fait remarquer
que l’intention des travailleurs pour déménager vers
un autre pays (de l’UE-15) va s’accroissant. Mais, à cause
de cela, certains départements risquent de devoir se fermer. En fait,
c’est déjà le cas. M. Surján a aussi déclaré que
les gouvernements ont certainement un rôle à jouer, mais ne
peuvent tout simplement augmenter les salaires du personnel des soins de
santé et ne pas accorder une même augmentation salariale à d’autres
groupes du personnel (par ex. la police, l’armée, les enseignants).
En ce qui concerne la tension entre la liberté de circulation et le
problème de la migration, M. Surján a souligné que les
conséquences négatives de la mobilité doivent être
gérées.
Adamos Adamou, MPE chypriote, a relevé que l’“UE” présente
souvent des directives, des cadres et des politiques, mais la question est,
que faire lorsque des problèmes se posent ?
Puisque les affaires de santé sont spéciquement liées à la
politique nationale, la solution des problèmes doit aussi être
une question de la politique nationale.
L’UE est “innocente” en ces matières. Il est aussi
important de garder à l’esprit qu’il y deux faces au problème
: celle de l’UE-15 et celle des nouveaux états membres.
Le Prof. Brian Edwards (président de HOPE) a conclu la réunion
en déclarant que nous ne savons pas encore précisément à quel
point il s’agit d’un problème sérieux. Puisque
les statistiques manquent et l’avenir est incertain (s’agit-il
d’une migration circulaire ou permanente ?), il est extrêmement
difficile de s’attaquer à ces problèmes. Il a demandé le
soutien des MPE pour que le problème soit plus précisément
mis au jour et ils organisent (ensemble) une audition au Parlement européen
pour se décider sur les actions à entreprendre.
- En suivi à cette réunion de petit déjeuner, EUROFEDOP
et HOPE publieront un document dans lequel les deux organisations éclaireront
leur position en la matière. En outre, elles s’adresseront par écrit
aux parlementaires ayant partagé avec elles leurs soucis le 22/11 à Bruxelles,
pour qu’ils apportent leur soutien.
- Le travail de pression/les actions à entreprendre sur ce thème
seront coordonnés par le personnel de tant Eurofedop que Hope. Ce
travail de pression doit finalement conduire à l’organisation
d’une audition au Parlement européen.
Les membres d’Eurofedop seront tenus au courant des derniers développements, sur une base régulière.
Du
09 au 12 octobre, la Commission européenne (DG Regio) et le Comité des
Régions a organisé la 4ième édition des ‘Open
Days’, une semaine entièrement consacrée au développement, à l’innovation, à la
compétitivité et à la durabilité des régions
en Europe. Des participants de plus de 135 régions en Europe ont été invités
et ont participé à des séminaires et à des ateliers
organisés à travers toute la ville de Bruxelles. Eurofedop
a assisté à un séminaire sur l’application de
partenariats public-privé (PPP) dans les régions. La commissaire
européenne en charge de la Politique régionale, Mme Danuta
Hübner, a prononcé un discours dans lequel elle a souligné la
complexité des partenariats entre les acteurs de secteurs public et
privé. Elle a expliqué que le secteur public n’a pas
la capacité de réaliser des projets à grande échelle.
Elle a déclaré : « Pour être brutalement honnêtes,
nous ne pensons pas pouvoir réussir nos projets sans l’apport
du capital privé ».
D’autres orateurs à la réunion étaient
M. Maxime Bureau de General Electrics, M. Olivier Debande de la Banque européenne
d’investissement et, finalement, M. Jan Olbrycht, parlementaire européen,
qui présidait le séminaire. Bien que certains des participants
aient considéré le thème plutôt d’un point
de vue public, en mettant l’accent sur la qualité des services à fournir
par le secteur public, l’attention s’est évidemment en
premier lieu concentrée sur les entreprises et les grands investisseurs.
Comme exemples de partenariat public-privé qui ont été un
succès, l’éclairage des villes et des hôpitaux,
ainsi que la sécurité des prisons, ont été mentionnés.
Tous les orateurs ont été d’accord que les PPP qui impliquent
encore un financement supplémentaire de l’UE, sont encore plus
compliqués à accomplir que ceux qui doivent le faire sans ce
financement.
L’idée des PPP est la collaboration entre les secteurs public et privé. Le secteur public fournit l’infrastructure appropriée, alors que le secteur privé assure le financement. Idéalement, cela devrait bénéficier à tant les entreprises que le gouvernement et les usagers ! Mais il est évident que nous devons rester critiques et veiller constamment à la qualité des services fournis ainsi qu’aux conditions de travail des prestataires de ces services.
Est-ce que votre région est connectée
?
Un deuxième séminaire s’est occupé de la question à quel
point les régions sont ‘connectées’. ‘Est-ce
que votre région est connectée à la Société de
l’information ?’, était la question principale que des
orateurs de différents domaines et de différents champs d’intérêt
ont éclairée pour nous. Des personnels responsables de Microsoft,
de Hewlett Packard et d’Intel ont expliqué la manière
dont ces entreprises ont coopéré avec des villes et des régions
pour guider celles-ci sur le chemin d’être connectées.
La mesure dans laquelle les régions sont connectées, est importante
pour le processus de combler le fossé digital et de réaliser
une plus grande prospérité économique et sociale en
Europe. L’e-gouvernement est un thème qui retient l’attention
particulière d’Eurofedop. Il nous faut reconnaître les
bénéfices que l’e-gouvernement peut apporter et accepter
que nos sociétés changent et qu’un plus grand rôle
que jamais est réservé aux TIC. En tant qu’organisation
qui représente également le personnel des administrations locales
et régionales, nous devons être attentifs pour que ce groupe
reçoive la chance de s’adapter dignement aux changements et
que tous les travailleurs reçoivent la formation et le soutien dont
ils ont besoin.
Le
14 novembre dernier, le Forum de liaison s’est réuni à l’hôtel
Bedford à Bruxelles. Le Chef de l’Unité Dialogue social,
DG Emploi et Affaires sociales de la Commission européenne, Jackie
Morin, a présidé la réunion au cours de laquelle les
futures actions de la Commission européenne ont été présentées.
Récemment, lors de la ‘réunion préparatoire’ d’Eurofedop à Luxembourg
(le 21 septembre), Jackie Morin a été également présent
et y a fait un exposé sur le Modèle social européen.
Lors du Forum de liaison, la discussion s’est concentrée sur
les deux thèmes qui reviennent régulièrement aujourd’hui
dans les discussions à travers toute l’Union européenne,
notamment la flexicurité et la démographie. Evidemment, Eurofedop
s’occupe déjà de ces deux thèmes. Le thème
de la démographie est inscrit à l’ordre du jour de toutes
nos réunions, surtout de celles en préparation de notre Congrès
d’avril 2007.
Jos Kester, Coordinateur politique de la Stratégie pour l’emploi
de l’Union européenne (Unité D/2), a fourni des éclaircissements
sur les pas suivants que la Commission fera dans le domaine de la flexicurité.
Il a défini la flexicurité comme suit : « Une stratégie
politique qui consiste à accroître en même temps la flexibilité dans
le domaine du marché du travail, de l’organisation du travail,
des relations de travail, de l’emploi et de la sécurité sociale ». À première
vue, cette définition semble contenir des notions contradictoires,
mais, selon Jos Kester, cela est seulement le cas lorsque nous utilisons
ces mots dans leur sens ‘désuet’. Il a souligné que
nous devons d’abord nous concentrer sur les ‘transitions’ (entre
la formation et le travail, le travail et le ménage, d’un job à l’autre,
etc.). Alors, la flexicurité veut dire la ‘sécurité de
transition’
En ce qui concerne la démographie, Maryse Huet (analyste démographique et sociale de l’Unité E/1) a fourni des éclaircissements sur la situation démographique actuelle et future à l’Union européenne et a déclaré que le vieilissement sera l’un des problèmes principaux dans l’avenir. Daniela Bankier (Chef de l’Unité Égalité des chances, Action contre la discrimination, G/2) a fourni des renseignements sur la consultation, récemment lancée par la Commission européenne, sur la conciliation de la vie professionnelle, de la vie privée et de la vie familiale. Les parties intéressées sont invitées à participer à cette consultation. Il va de soi qu’Eurofedop y contribuera également.
Les thèmes de la flexicurité, de la démographie et de la conciliation de la vie professionnelle et de la vie familiale seront régulièrement repris dans les réunions d’Eurofedop dans les mois à venir et après le Nouvel An. Ainsi, lors d’un séminaire que nous organiserons en décembre à Tallinn, le thème de la conciliation de la vie professionnelle et de la vie familiale sera l’un des points à l’ordre du jour; inévitablement, la discussion portera également sur les défis démographiques auxquels l’Europe doit faire face aujourd’hui.o.
La Fondation européenne pour l’amélioration des conditions
de vie et de travail a organisé un séminaire pendant lequel
les participants ont échangé des points de vue sur le thème
de l’aménagement du temps de travail et de l’équilibre
vie-travail. Au cours des trois dernières décennies, la Fondation
a profondément examiné la façon dont les travailleurs
concilient leur travail et leur vie personnelle. Cet examen s’est effectué dans
le cadre de la politique développée par l’UE dans le
domaine de l’aménagement du temps de travail (directive sur
le temps de travail) et du changement des formes d’emploi (par exemple
le travail à temps partiel, …) et dans le cadre général
de la Stratégie de Lisbonne.
Bien que les orateurs proviennent de différents champs d’intérêt,
ils étaient tous d’accord que la discussion sur le temps de
travail est en réalité une discussion sur les thèmes
de la santé et de la sécurité.
Le séminaire a surtout été une initiative du groupe
PSE au Parlement européen, ainsi que de la Fondation, et les orateurs étaient
des représentants d’organisations d’employeurs et de travailleurs
et des politiques (nationaux et européens).
Le temps de travail était un sujet largement débattu. L’opinion
générale (surtout partagée par les travailleurs et les
politiques) était que la formule de la ‘renonciation individuelle
(la règle dite “opt out”)’, qui permet aux travailleurs
de travailler pendant plus de 48 heures/semaine (en accord avec l’employeur), était
une mauvaise formule. La disposition de “l’opt out” avait été introduite
sous la pression du gouvernement britannique et, dès lors, était
qualifiée de solution britannique plutôt que de solution européenne,
par le parlementaire européen José Silva Peneda.
Le deuxième sujet traité se rapportait au concept de ‘l’équilibre
vie-travail’ et était manifestement étroitement lié au
sujet du temps de travail. Trouver un équilibre entre le travail et
la vie privée s’applique aux travailleurs de tous âges
et ne se limite pas spécifiquement aux parents avec de jeunes enfants.
La manière dont les familles sont composées, s’est drastiquement
modifiée en Europe et la voie que les gens suivent dans leur vie dans
le domaine de la formation professionnelle et de l’exécution
de leur activité professionnelle diffère sensiblement par rapport
au passé. Aujourd’hui, d’autres idées existent
sur la voie traditionnelle formation-travail-pension. Au moment où les
gens entrent sur le marché du travail, leur formation n’est
pas finie, au contraire, de plus en plus on souligne l’importance de
l’apprentissage tout au long de la vie.
Il va sans dire que le thème de l’égalité entre
les hommes et les femmes occupe une place importante dans le débat
sur le temps de travail et le besoin de trouver un équilibre entre
le travail et la vie privée. De manière prépondérante,
ce sont toujours les femmes qui travaillent à temps partiel et le
travail à temps partiel se rencontre le plus fréquemment dans
les secteurs de l’éducation et des soins de santé (traditionnellement
les secteurs où les femmes prédominent). Jean Lambert, Europarlementaire,
a souligné que c’est aussi une question de rapports de force
et de “qui a le choix”. D’ailleurs, la discussion ne porte
pas seulement sur le thème de l’égalité entre
les hommes et les femmes, mais aussi sur ce qui est disponible dans une certaine
région (quels sont les emplois disponibles ?).
La flexibilité est une nécessité tant pour les entreprises
(employeurs) que pour les travailleurs. Non seulement les règlements
du temps de travail ont un impact énorme sur l’efficacité et
la productivité d’une entreprise ou d’une organisation,
ils peuvent aussi profondément influencer la santé, le bien-être
et la motivation des travailleurs.
Eurofedop discutera de ce thème, lors du séminaire qui sera
prochainement organisé à Tallinn, en décembre 2006.
En tant que membre fondatrice de Health First Europe, Eurofedop a été présente à la
session générale des membres qui s’est tenue à l’hôtel
Renaissance à Bruxelles. Au cours de la session, Bert Van Caelenberg
a été élu membre du Bureau Exécutif de Health
First Europe. Cela veut dire qu’il remplira désormais un rôle
de conseiller à l’Assemblée générale et
examinera les demandes d’adhésion.
Un élément intéressant à la réunion a été le
discours prononcé par Martin Dorazil de la Commission européenne,
DG Santé et protection des consommateurs, Unité stratégie
de santé (C5). M. Dorazil a mentionné les activités
mises sur pied par la Commission dans le domaine des services de santé et
a surtout fourni des renseignements sur la campagne de consultation lancée
par la Commission sur les services de santé fin septembre. Le processus
de consultation sera clos en janvier 2007. Évidemment, Eurofedop participera également à la
campagne de consultation. En réponse à une question de Bert
Van Caelenberg sur le problème de la migration de professionnels de
santé en Europe, M. Dorazil a reconnu le sérieux du problème.
Avant de passer à l’élection de ses bureaux exécutif
et de conseil, HFE a présenté son site web renouvelé (www.healthfirsteurope.org)
et a donné un aperçu des activités à venir pour
les derniers mois de 2006.
Un aperçu des activités de l’année passée
a également été donné. Il est clair que les membres
de Health First Europe occupent une place très importante au sein
de l’organisation, car ce sont elles qui définissent la raison
d’être de l’organisation. Dans le sens inverse, Health
First Europe est un instrument très important et utile aux membres
comme Eurofedop, qui se sont parfois engagées dans de longs processus
de traitement de problèmes de soins de santé au niveau européen.
L’une des activités à venir sera la présentation
d’un aperçu de soins de santé auquel Eurofedop a également
participé.
L’une des membres a mentionné quatre “p” pour définir
la coopération avec HFE :
• le progrès,
• le potentiel,
• la patience et
• les principes.
Eurofedop souscrit à ceci et reconnaît qu’en effet, il
y a eu beaucoup de progrès, le potentiel est grand, la patience est
requise dans ces affaires et est tout à fait d’accord avec les
principes énoncés par HFE.

En l’année 2006, une nouvelle page de l’histoire mondiale
a été écrite, au sein du Conseil de l’Europe,
par l’octroi d’un statut plus participatif aux Organisations
internationales non gouvernementales (OING). En effet, les OING sont de plus
en plus considérées comme un partenaire pour le dialogue et
son président fait de plus en plus partie, comme 4ième pilier
du Conseil de l’Europe, du “quadrilogue”.
Mais cela a aussi des conséquences pour le schéma de travail
qui doit être adapté … les OING ayant passé du
statut “consultatif” au statut “participatif” … Eurofedop
a surtout coopéré à la mise au point de l’aspect
organisationnel, c’est-à-dire à la réalisation
de nouveaux schémas de travail qui doivent permettre aux OING de fournir à temps
des conseils sérieux sur certains thèmes au Comité des
Ministres, l’organe de décision du Conseil de l’Europe.
Eurofedop a entre autres coopéré, avec quelques autres OING, à la
rédaction du “mémorandum” à propos de la “déclaration
Juncker” (déclaration faite par le Premier Ministre du Luxembourg,
suite à la demande faite par les 46 Dirigeants gouvernementaux du
Conseil de l’Europe lors du Sommet de Varsovie).
En outre, Eurofedop continuera à œuvrer pour les “Droits
de l’homme fondamentaux” et pour le maintien et la ratification
de tous les articles de la Charte sociale européenne par tous les
46 états membres.
L’avenir de la Charte sociale européenne est mis à rude épreuve
par la création d’une Agence européenne, à l’Union
européenne, avec les mêmes compétences mais avec un budget
10 fois plus élevé … Un premier signe que les états
nationaux veulent se débarrasser d’une critique “neutre” sur
leur politique ???
Conclusion
Les 2 prochaines années à venir seront cruciales pour l’action
des OING … Si le monde des OING veut être pris “au sérieux”,
il doit prouver qu’il constitue une valeur ajoutée pour le Conseil
de l’Europe … Eurofedop veut coopérer à cela,
parce que l’Europe a non seulement un besoin purement économique,
mais aussi un besoin de respect des “valeurs (sociales)”.